Note sur Life's Circus (2017)

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Life's circus évoque la multiplicité de la personnalité qui est considérée soit comme un trouble psychique, soit comme une faculté humaine inhérente à tout être humain lui permettant de faire face à des situations rencontrées au cours de la vie. L’asexualité du personnage principal combinée à des réalisations corporelles féminines et masculines évoque la question du transgendérisme et le lien entre la personnalité et le sexe. La tendresse et l’harmonie émanant de ce personnage ne décrit pas une situation dramatique ou dépressive, mais plutôt une sérénité festive et chorégraphique de la multiplicité reconnue et acceptée. Le dessin est intitulé « cirque de la vie » peut-être en référence inconsciente au Cirque de Seurat qui célèbre la fête populaire et son côté flamboyant… mais aussi mondain et superficiel. On pourrait imaginer, dans le fond, deux projecteurs de théâtre et des rangées de sièges sur lesquels se trouvent des spectateurs. La pose dansée du/des personnages laisse également penser à la présence d’une source musicale qui en soutient la chorégraphie.

Mais... la vanité et la superficialité de la scène devient plus présente (et cruelle) si l’on réinterprète l’image de fond comme celle d’un crâne dont on verrait, de l’intérieur, les yeux vides et la double rangée de dents. Dans le même esprit que Gauguin et L’esprit des morts veille, on trouve l’association d’une forme vivante et jeune avec la menace constante, permanente, de la finitude de la vie veillant dans l’ombre. Finalement, ce dessin combine la sensation océanique enivrante du danseur en union avec la musique et la multiplicité des émotions qu’elle évoque, mais aussi la sensation extatique de la mort avec le contrôle et l’abandon absolu. (Gordon Rosemary, « La pulsion de mort et ses rapports avec le soi », Cahiers jungiens de psychanalyse, 2003/2 (n° 107), p. 67-84.)

Cette œuvre est représentative de plusieurs dessins qui traitent de thèmes existentiels ou spirituels, souvent en lien avec l'au-delà, le sacrifice. Il reprend également la thématique de l'androgyne, parfois représenté en ange, en tant que personnage ambivalent, à la fois séparé et union de multiples, être humain universel.